Trois astuces pour parler moins vite

« Je parle beaucoup trop vite. Je sens bien que cela pourrit mes prises de parole mais je ne sais pas comment faire pour maîtriser mon débit. »

Dans cet article, je vous livre trois astuces pour vous aider à parler moins vite et libérer vos prises de parole en public, face caméra, au téléphone ou au micro.

Parler vite c’est vous donner toutes les chances d’être….mal compris ! C’est courir le risque de perdre votre auditoire au fil de votre prise de parole, de le désengager et, in fine, ne pas être entendu.e.s. En réunion, en entretien, en conférence ou en webinaire, c’est la catastrophe assurée.

Des signes qui ne trompent pas : vous parlez trop vite.

  • Vous avez souvent l’impression d’être à bout de souffle lors de vos prises de parole en public
  • On plisse les yeux quand vous ouvrez la bouche, on vous fait souvent répéter.
  • Vous avez l’impression de ne pas parvenir à capter l’attention de votre auditoire.
  • Il vous arrive fréquemment de butter sur les mots,
  • Vos idées s’emmêlent et vous en perdez le fil….

Autant de signes d’un débit mal maîtrisé. Vous parlez trop vite et cela s’entend ou, plus exactement… cela vous rend inaudible. Votre auditoire s’échappe au fil de vos propos qui font pschitt…

Parler moins vite, pourquoi ?

Parler vite c’est souvent un mécanisme lié au stress, c’est aussi une mauvaise habitude que l’on prend lorsque l’on vit à un rythme effréné ou lorsque l’on n’aime pas parler en public (manque de confiance en soi, peur d’être « coupé »…).

« Plus je parle vite, plus « vite » j’en aurais terminé avec cette épreuve ».

Le « hic » c’est que plus vous parlez vite, pire est l’expérience que vous vivez, compte-tenu le peu d’écoute que vous impulsez à votre auditoire. Il faut, en effet, comprendre que plus vous parlez vite, moins vos auditeurs vous comprennent, plus vite leur attention vous échappe et… plus vite vous perdez confiance en vous. J’appelle cela, le chat qui se mord la queue. Un cercle non pas vertueux mais vicieux !

Comment parler moins vite ? Comment ralentir votre débit ?

Je dirais plutôt, comment devenir maître de votre débit. Car maîtriser votre débit, cela ne veut pas dire « parler mou » ni « parler monotone ». Cela veut dire, savoir trouver le juste débit : accélérer quand vous le souhaitez pour donner de la couleur à vos prises de parole, mais sans aucune précipitation ; savoir faire des pauses, mettre des mots en valeur… bref parler en 3 D !

  • Pour que l’on vous écoute,
  • Que l’on vous comprenne,
  • Afin de gagner en aisance et en confiance !

Voici trois astuces qui vous permettront de devenir maître de votre débit et gagner en aisance lors de vos prises de parole en public, face caméra, au téléphone ou au micro….

affiche - trois astuces pour parler moins vite

1- Apprenez à respirer pour maîtriser votre débit

Eh oui, on en revient toujours à la case départ ! Le B.A. BA. La respiration c’est la base : bien respirer pour bien parler. Je ne le répéterai jamais assez.

Je veux bien sûr parler de la respiration ventrale, vous savez : celle du bébé, celle qui calme, celle qui donne de l’ampleur à votre colonne d’air, qui vous permet de maîtriser votre voix et… votre débit

Vous en saurez plus ici

Savoir respirer c’est vous donner toutes les chances de bien parler en public et maîtriser votre débit.

Alors si vous voulez parler moins vite, commencez par vous entrainer à bien respirer !

2 – Travaillez votre articulation pour désapprendre à parler trop vite

De la même manière que l’instrumentiste fait régulièrement ses gammes pour gagner en agilité, en délié, devenir maître de son doigté et de son instrument, l’orateur travaille quotidiennement sa diction afin de fluidifier son discours et se faire mieux comprendre de ses interlocuteurs.

En soignant votre diction vous poserez spontanément votre débit.

Je vous propose deux virelangues, adaptés à toutes celles et tous ceux qui souhaitent parler moins vite.

Dites-les, tout d’abord, « techniquement » ; c’est-à-dire sans aucun « ton », sans émotion, comme si vous lisiez l’annuaire, avec pour seul objectif de prendre soin de votre articulé et de votre débit.

  • Veillez à prononcer chaque syllabe, chaque mot DIS-TINC-TE-MENT.
  • Respectez la ponctuation.
  • Respirez (tiens, tiens, tiens, la revoilà notre respiration) après chaque signe de ponctuation : profondément pour des signes de ponctuation forts (points, points d’interrogation ou exclamation), moins amplement pour des signes de ponctuation faibles (virgules, deux points…). Ces temps de respiration obligés vous permettront de poser votre débit. Peu à peu cela devient automatique, même si – au début – cela vous parait contraignant.

a/ le petit pisseur

Un petit pisseur pissait devant la porte du tapisseur qui tapissait.

Le tapisseur lui dit : “Petit pisseur, pourquoi pisses-tu devant la porte du tapisseur qui tapisse ?”

Le pisseur qui pissait répondit au tapisseur qui tapissait :  « c’est que la pisse du petit pisseur est bien meilleure que celle du tapisseur qui tapisse ».

Ici, il est important de bien prononcer toutes les syllabes et ne pas en avaler certaines. Par exemple, ne pas dire « un p’tit pisseur ou encore « pourquoi piss-tu ».

b / Les papous papa – (inspiré de Franquin – Gaston Lagaffe – tome 6 ! )

Chez les papous, il y a des papous à poux, et des papous pas à poux. Mais chez les papous, il y a des papous papas et des papous pas papas.

Donc chez les papous, il y a des papous papas à poux, des papous papas pas à poux, des papous pas papas à poux, et des papous pas papas pas à poux.

Mais chez les poux, il y a des poux papas et des poux pas papas. Donc chez les papous, il y a des papous papas à poux papas, des papous papas à poux pas papas, des papous pas papas à poux papas, et des papous pas papas à poux pas papas

Mon grand ami Gaston disait « y’a » au lieu de “il y a”… mais c’est justement l’exemple à ne pas suivre (désolée Gaston !) si vous voulez apprendre à parler moins vite !

Ce virelangue est parfait pour vous aider à ralentir votre débit. Entraînez-vous, tout d’abord tout seul. PRENEZ VOTRE TEMPS ! Puis, dites-le en famille et entre amis avec pour objectif de vous faire comprendre distinctement. On doit bien entendre, par exemple : « des poux papas et des poux pas papas » et non pas une salade indigeste de sons “pa” et “pou” telle que “dépoupapaédépoupapapa »

Pour en savoir plus, découvrir des exercices de diction en vidéo et d’autres virelangue, c’est ici 

3 – Retrouvez le plaisir de parler posément en lisant à voix haute

Prenez un livre que vous aimez.

Peu importe le genre (roman, essai, théâtre, poésie, conte, fables…) ! L’important qu’il vous plaise et que vous ayez envie de le partager.

  1. Tout d’abord lisez-le, seul.e, à haute voix, techniquement en prononçant DIS-TINC-TE-MENT et en veillant à respecter la ponctuation (voire à insérer quelques virgules ici ou là) : comme avec un virelangue, l’objectif est de soigner votre articulation, de placer votre respiration et de poser votre débit.
  2. Une fois que le premier point est acquis, toujours seul.e, lisez en donnant vie à ce texte. Ceci, sans rien lâcher sur l’articulation et le débit.
  3. Lorsque vous vous sentez prêt.e partagez cette lecture avec votre famille ou vos ami.e.s. Pensez au plaisir que vous procure ce texte car c’est ce plaisir, avant tout, que vous souhaitez transmettre. Donnez à votre auditoire l’envie de vous écouter et de découvrir cette œuvre. Il en va ainsi lorsque vous prenez la parole en situation professionnelle : vous souhaitez transmettre un message à votre public, l’engager sur le contenu de vos propos, lui donner envie de vous écouter et d’en savoir plus.

Pour corser le niveau, vous pouvez faire ce même exercice en choisissant un texte technique sur un sujet que vous ne maîtrisez absolument pas : par exemple la théorie des cordes

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